Photothèque VEOLIA - Olivier Guerrin

Les voitures électriques ont des métaux à revendre

En Moselle, une filiale de Veolia valorise les métaux précieux contenus dans les batteries des voitures électriques en vue de leur réemploi dans diverses applications industrielles.

En quelques années, les ventes de véhicules électriques ont fortement progressé en France. Que faire des batteries qui alimentent ces voitures et arrivent en fin de vie au bout de 7 à 10 ans d’utilisation ?

Plusieurs pistes ont été identifiées : la remise à neuf grâce au remplacement des cellules endommagées, la réutilisation des batteries (sous forme de systèmes de stockage d’énergie, par exemple) ou la valorisation des métaux contenus dans les batteries. Cette dernière option est complexe, mais elle est intéressante pour les constructeurs automobiles parce qu’elle permet de baisser le coût du recyclage (obligatoire dans le cadre de la Responsabilité élargie du producteur).

Transformer les batteries en ressources

C’est là qu’intervient Euro Dieuze Industrie (EDI). Cette filiale de Veolia basée en Moselle traite chaque année entre 5 000 et 6 000 tonnes de piles et accumulateurs usagés. En 2011, EDI s’est lancé un nouveau défi : la valorisation, réputée complexe et coûteuse, des métaux stratégiques qui « gisent » dans les accumulateurs des véhicules électriques. Un pari sur l’avenir, qui vise à transformer ce « maillon faible » de l’automobile propre ‒ la batterie ‒ en ressource.

EDI a entamé une coopération scientifique et commerciale avec Renault, afin de développer une filière industrielle adaptée et économiquement viable de valorisation de batteries de véhicules électriques. L’objectif est double : éviter que des polluants soient rejetés dans la nature, et récupérer une grande partie des métaux stratégiques contenus dans les accumulateurs. Un projet dont le caractère innovant lui a valu d’être retenu dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir mis en place par l’État, sous l’appellation Re-B-Live.

Boucles courtes

Le recyclage des batteries automobiles met en œuvre un ensemble de savoir-faire complexes. L’expertise d’EDI s’appuie sur un procédé hydrométallurgique unique, qui permet d’extraire les métaux précieux à des degrés de pureté élevés. Ces déchets sont traités à froid par hydrométallurgie : les différents métaux sont mis en solution chimique avant séparation.

Cuivre, aluminium, cobalt, nickel, manganèse et lithium vont ainsi trouver une seconde vie dans diverses applications industrielles, par exemple pour la création d’acier ou d’alliages. Le lithium fait l’objet d’une attention particulière, puisque EDI souhaite pouvoir le réutiliser dans la fabrication de nouvelles batteries Li-ion. « Le Graal pour nous serait de retourner les matériaux valorisés à leur filière d’origine, à savoir l’industrie automobile », a expliqué Denis Foy, directeur du site mosellan, à la revue Planet.

C’est en phase avec la démarche environnementale de Renault qui, dans une logique d’économie circulaire, cherche à mettre en œuvre des boucles courtes pour recycler les matières premières utilisées au sein de la filière automobile. Le constructeur affirme intégrer plus de 30 % de matières recyclées dans ses véhicules neufs.

Image principale : Photothèque VEOLIA - Olivier Guerrin

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